Biographie

Olivier Salazar-Ferrer (né en 1962) est un écrivain, essayiste et poète, auteur de récits, romans et adaptations théâtrales. Il est, depuis 2007, maître de conférences au sein de l’École des langues et des Cultures Modernes (Collège des arts) de l’Université de Glasgow.

Du 1er août 2011 au 1er août 2015, il a exercé les fonctions de directeur du Département de français et de littérature française. De formation à la fois philosophique et littéraire, ses publications portent sur les XIXe et XXe siècles, la littérature d’avant-garde, l’esthétique, la littérature féminine (Marguerite Yourcenar, Joyce Mansour), la littérature existentielle (Benjamin Fondane, Rachel Bespaloff, Léon Chestov, Albert Camus, Jean Grenier, Vladimir Jankélévitch, Michel Henry), la littérature de voyage (J.M.G. Le Clézio, Blaise Cendrars, Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière, Victor Segalen), les croisements entre arts visuels, poésie, littérature et philosophie (Louis Calaferte, Jean Giono). Il est reconnu au niveau international comme spécialiste de l’œuvre de Benjamin Fondane.

Il a passé son enfance en Provence et a été élève au lycée Raynouard de Brignoles où il suit notamment les cours de Florian Vernet sur la langue et la littérature espagnole. Il fait des études de philosophie à la Faculté de lettres et sciences humaines d’Aix-en-Provence où il suit notamment les cours de Claude Pichevin, Gilles-Gaston Granger, Gérard Lebrun, Louis Frey, Raymond Jean et Michel Podgorny. Son mémoire de D.E.A a pour titre: Hasard et interprétation – Essai d’une théorie herméneutique (1989). Il étudie la philosophie classique grecque, mais aussi la philosophie du langage et l’herméneutique (John L. Austin, John Searle, Karl Otto Apel, Paul Ricœur) tout en poursuivant des études d’épistémologie et de logique formelle. Il est invité par Jean Greisch et Richard Kearney à participer à la décade de Cerisy consacrée à Paul Ricœur en 1988[1] où il présente ses travaux et fait la rencontre de Paul Ricœur et de Michel Henry. En 1990, il fait partie du groupe fondateur de la revue Agone à Marseille avec Thierry Discepolo, Jacques Vialle, Serge Dentin et Philippe Boissinot. Il travaille à la coordination des premiers numéros de la revue et y publie un certain nombre d’articles[2] avant de quitter le comité de rédaction pour se consacrer à son travail d’écriture. Il commence à publier des essais portant sur l’interaction entre philosophie et littérature, abordant les œuvres d’Hermann Broch, Emily Dickinson, Joseph Brodsky, Michel Henry, Elias Canetti. En 1992-1993, il est conseiller artistique au Théâtre L’Avant-Scène dirigé par Jacqueline Régis où il collabore à la création de pièces de Serge Rezvani avec le comédien et metteur en scène Pierre Chabert et organise un cycle d’expositions sur Rainer Maria Rilke et de conférences sur Saint-John Perse, en invitant notamment Jean-Michel Palmier à évoquer les correspondances de l’exil des intellectuels allemands pendant la Seconde guerre mondiale.

Il réalise en 1992 une série d’entretiens avec le philosophe Michel Henry à Montpellier qui portent sur la publication de ses ouvrages La Barbarie (1987) et Phénoménologie matérielle (1990), entretiens qui seront publiés dans leur intégralité en 2010 [3] Entre 1992 et 1994, il est directeur du volume « Philosophie » de l’Encyclopédie Clartés aux Éditions Techniques. Après avoir enseigné la philosophie à La Réunion et la littérature française dans plusieurs institutions en Écosse (Institut Français d’Edimbourg, Alliance Française de Glasgow), il soutient en 2006 sa thèse sur « La révolte existentielle chez Benjamin Fondane » sous la direction de François Noudelmann à l’Université de Paris 8 et rejoint l’Université de Glasgow au Royaume-Uni en 2007 comme maître de conférences en langue et littérature française. De 1998 à 2007, il consacre une grande partie de ses recherches à l’œuvre de Benjamin Fondane (1898-1944)[4], avec la publication de deux monographies Benjamin Fondane (Oxus, 2004) et Benjamin Fondane et la révolte existentielle (Corlevour, 2007).

Il poursuit sa diffusion de cette œuvre avec l’adaptation du poème L’Exode Super Flumina Babylonis (1965) avec la compagnie de la Mouvance d’Yves Sauton destinée au Festival Off d’Avignon[5]. Il fait partie du comité scientifique de l’exposition Benjamin Fondane organisée au Mémorial de la Shoah à Paris (2009-2010), pour laquelle il réalise deux documentaires sur les films A propos du film Rapt (1934) et Tararira, chronique d’un film disparu (1936). Il s’intéresse particulièrement à l’activité cinématographique et aux écrits théoriques de Fondane sur le cinéma qui conduit à la publication d’un dossier: « Benjamin Fondane, esthétique et cinéma » dans la revue La Part de l’œil (2010-2011) qui complète l’édition critique de ses Écrits pour le cinéma (Verdier Poche, 2007). Tout en poursuivant une activité de romancier (Un Chant dans la nuit, Corlevour, 2004) et de poète (Adieu à terre rouge, In Limine, 2001 ; Poèmes du silence et de la neige, In Limine, 2003) qu’il illustre d’encres ou de la gravure sur bois; il effectue de nombreux voyages en Italie, Israël, Tunisie, Roumanie, États-Unis, Belgique, Espagne, Allemagne, notamment pour participer à des colloques internationaux.  Un Chant dans la nuit offre une série de récits où le narrateur traverse l’Italie, le Sud de la France, Venise ou Istanbul pour évoquer des lieux hantés par le souvenir et le rêve. Ce livre fera l’objet d’une lecture-spectacle au Festival d’Avignon du 17 au 23 juillet 2006 au Théâtre des Ateliers d’Amphoux.

De 2010 à 2015, partageant son temps entre la Haute-Provence et les Highlands en Écosse, Olivier Salazar-Ferrer continue à dispenser ses cours à l’Université de Glasgow sur la littérature de voyage (J.M.G. Le Clézio, Victor Segalen, Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière), la littérature féminine (Colette, Cixous) et sur la pensée contemporaine (Michel Henry, Merleau-Ponty) tout en exerçant les fonctions de directeur de la section de littérature française et en dirigeant plusieurs thèses. Il fait partie du comité de rédaction des Cahiers Léon Chestov dirigés par Ramona Fotiade[6]. En 2013, il participe à la création de l’Association Benjamin Fondane et de sa publication annuelle Titanic – Bulletin International Benjamin Fondane, avec Michel Carassou et Eric Freedman et fonde avec l’Association le nouveau site Benjaminfondane.org. Dès 2008, il élargit ses recherches en abordant d’autres auteurs existentiels ou proches des thèmes existentiels (Albert Camus, Rachel Bespaloff[7], Jacques Maritain, Vladimir Jankélévitch, Louis Calaferte). Il est un des premiers à redécouvrir l’œuvre de Rachel Bespaloff et décide de publier une partie de sa correspondance, notamment avec Boris de Schloezer[8], en étudiant ses liens avec Benjamin Fondane, Albert Camus et Léon Chestov. Il se tourne d’autre part vers le rôle des mythologies dans la littérature contemporaine (par exemple chez Jean Giono), la littérature féminine (Joyce Mansour), mais aussi la littérature de voyage et les grands thèmes philosophiques posés par l’écriture itinérante. Son dernier essai est consacré à Nicolas Bouvier: L’Usage du monde de Nicolas Bouvier (In Folio éditions,coll. « Le Cippe », 2015)[9].

Son roman, Les Possessions transparentes (Corlevour, 2014) porte sur les paradoxes et les vertiges de l’auto-fiction chez un narrateur qui interroge son rapport au réel dans une petite ville ville envahie par la neige.

Famille

Olivier Salazar-Ferrer est l’arrière-arrière petit-fils de l’écrivain Jean d’Ardenne, pseudonyme de Léon Dommartin[10] (1839-1919), auteur de chroniques littéraires et de récits de voyage (Notes d’un vagabond, 1887[11]), défenseur de Baudelaire dans la presse belge, rédacteur du quotidien La Chronique, critique d’art[12] et pionnier de la protection des paysages de Belgique contre l’industrialisation et l’urbanisation de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, connu pour son amitié et sa correspondance avec le peintre et graveur Félicien Rops. Son fils, Henri Dommartin (1886-1949), critique littéraire belge et conservateur à la Bibliothèque Royale Albertine à Bruxelles a entretenu une correspondance avec André Suarès, André Gide, Jean de Boschère et Elie Marcuse. La femme de Léon Dommartin, Marguerite Popp, était la petite-fille de Caroline Popp[13] (1808-1891), née Marguerite Boussard, femme de lettres belge, journaliste et écrivain, auteur de Récits et Légendes des Flandres (1867)[14], fondatrice du Journal de Bruges, amie de Victor Hugo et des symbolistes belges Emile Verhaeren et Georges Rodenbach.

NOTES

  1. Jean Greish, Richard Kearney (dir.), Les Métamorphoses de la raison herméneutique, Paris, Le Cerf, 1990.
  2. Olivier Salazar-Ferrer, « Sur La Sagesse grecque de Giorgio Colli », Agone n°1, 1990 ; « Éthique et expression chez Hermann Broch », Agone n°2-3, 1991 ; « La crise bioéthique du droit », Agone n°8-9 ; « La poésie métaphysique d’Emily Dickinson », Agone, n°12, 1994 ; 2. « Lettres à un ami vagabond : Présentation des lettres du peintre Félicien Rops à Jean d’Ardenne », Agone n°4, 1993.
  3. Michel Henry, Olivier Salazar-Ferrer, Pour une phénoménologie de la vie – Entretiens, Paris: Corlevour, 2010.
  4. Source: W.J. Thompson, French XX Bibliography: A Bibliography for the Study of French Literature and Culture Since 1885, Volume 59, Plainsboro, Associated University Press, p. 19711.
  5. Benjamin Fondane, L’Exode. adaptation: Olivier Salazar-Ferrer ; Compagnie: Théâtre de la Mouvance; Musique: Jean Cohen Solal ; direction et mise en scène: Eric Sauton; production: Eric Freedman. Distribution: Erwan Alec, Manuelle Molinas, Geneviève Mancino.Représenté du 22 juillet au 2 août 2008 au théâtre Les Ateliers d’Amphoux.
  6. Source: site de la Société d’Etudes Léon Chestov
  7. Source: Jeanyves Guérin (dir.) Dictionnaire Albert Camus, Paris, Robert Laffont, 2013, p. 86-87
  8. Rachel Bespaloff, « Lettres à Boris de Schloezer », 1942-1946 et 1947-1949, Conférence, n°16 et 17, 2003.
  9. Source: biographie des auteurs de la collection Le Cippe, ACEL, Editions Infolio.
  10. Source: André Guyaux, Baudelaire, un demi-siècle de lecture des Fleurs du mal, Paris, Presses Paris Sorbonne, 2007, p. 946-947.
  11. Jean d’Ardenne, Notes d’un vagabond, Frontispice de Félicien Rops, Illustrations dans le texte d’Henry Cassiers, Bruxelles: Kiestemaekers, 1887.
  12. Source: Paul Aron, La Belgique artistique et littéraire: une anthologie de langue française (1848-1914), Bruxelles, Editions Complexe, 1997, p. 130.
  13. Source: Article: « Caroline Popp » Dictionnaire des femmes belges: XIXe et XXe siècles, Laanoo, Uitgeveridj, 2006, p. 73-74
  14. Caroline Popp, Récits et légendes des Flandres, Bruxelles, A.N. Lebègue et Cie, 1867.
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